Quatre Sans Quatre

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Chronique Livre :
DARK WEB de Dean Koontz

Chronique Livre : DARK WEB de Dean Koontz sur Quatre Sans Quatre

Le pitch

Il faut que j'en finisse... C'est urgent !

Tels sont les derniers mots d’un homme que la vie semblait avoir comblé… mais qui y a mis fin. Brutalement.

Jane Hawk, inspectrice du FBI, refuse de croire que son mari se soit donné la mort. Pour elle, il y a une autre raison. Sa conviction en sort renforcée lorsqu’elle apprend qu’une vague inexpliquée de suicides frappe le pays.

Quitte à se mettre à dos sa hiérarchie – qui souhaite étouffer l’affaire –, Jane veut des réponses, quel qu’en soit le prix… Or, son enquête dérange. Ses ennemis de l’ombre détiennent un secret si terrifiant qu’ils sont prêts à tout pour l’éliminer.

Mais, bien que seule contre tous, la fugitive la plus recherchée des États-Unis possède pour atouts son intelligence et sa froide détermination. La vengeance est comme l’amour : elle ne connaît aucune limite…


L'extrait

« Elle attendit que Gwyn ait rempli leurs tasses de café pour demander :
- Gordon a-t-il laissé un mot ?
- Pas un mot, pas un texto, pas un message sur mon répondeur. Je ne sais même plus si je dois le regretter ou m’en réjouir.
Gwyn posa la cafetière et retourna s’asseoir en face de Jane.
- Il y a toujours un carnet et un stylo dans le tiroir de ma coiffeuse, reprit Jane. Nick s’en est servi pour un dernier adieu, si je puis dire.
Les quatre phrases sinistres qu’il lui avait laissées lui glaçaient le sang à chaque fois qu’elle y repensait.
- « Quelque chose ne tourne pas rond chez moi. J’ai besoin. Un besoin terrible. J’ai terriblement besoin de mourir », récita-t-elle.
Gwyn reposa sa tasse de café avant d’en avoir avalé une gorgée.
- C’est très curieux.
- Je suis d’accord, tout comme la police et le médecin légiste. Nick a rédigé la première phrase de son écriture méticuleuse avant d’écrire la suite de façon presque illisible, comme s’il avait perdu le contrôle de sa main.
Les deux femmes retombèrent dans le silence, perdues dans leurs pensées.
- Quelle horreur pour vous…, finit par murmurer Gwyn. De l’avoir trouvé comme ça.
Le commentaire n’appelait pas de réponse. » (p. 26-27)


L'avis de Quatre Sans Quatre

Jane Hawk sait. Elle n'a aucune preuve, si ce n'est quelques statistiques démontrant une hausse sensible des suicides aux États-unis, mais elle sait que quelque chose de terrible se cache derrière cette croissance. Elle est en congé sans solde du FBI et a mis son fils -tout ce qui lui reste de son ancienne vie – à l'abri chez un couple d'ami, et parcourt les USA afin de trouver des témoins, des gens qui, comme elle, ont perdu un proche dont le comportement ne laissait prévoir en rien qu'ils avaient le désir d'en finir avec la vie.

Elle voyage en mode furtif, tout en cash, téléphone jetable, voiture non traçable, elle cherche mais elle fuit également. Car elle a été menacé, ils ont été menacé, elle et son petit garçon, son acharnement agace quelqu'un qui a des moyens gigantesques et les hommes de main pour appliquer les sentences. Elle fouine, fouille, enquête afin de découvrir le point commun entre tous ces suicidés et son mari qui ne lui a laissé qu'un misérable message sibyllin n'expliquant en rien son passage à l'acte.

Son époux était un Marine, carrière fulgurante, héros de guerre, équilibré, amoureux, comblé, sa disparition a tout d'abord anéanti Jane, avant que l'enquêtrice prenne le dessus sur l'épouse effondrée et qu'elle entame ce combat contre des forces qui la dépasse. Elle trouvera, bien sûr, quelques alliés de circonstances, néanmoins c'est bien seule que Jane devra se battre contre des méchants, catégorie Dr No ou Fu Manchu, car il n'en va pas moins que de sauver l'humanité d'une menace terrifiante. C'est à notre cortex que ces individus démoniaques s'en prennent, à notre libre arbitre, ourdissant le sinistre complot de nous transformer en êtres sans conscience ni intelligence. Pire que la télé-réalité ou la plupart des chaînes d'info en continu, c'est vous dire !

Jane Hawk mène sa bataille sur un rythme à la John Mc Clane, le personnage incarné par Bruce Willis dans la série Die Hard, pas un instant de répit, les poursuites succèdent aux fusillades, les fuites éperdues aux rebondissements les plus dingues. Dean Koontz excelle à décrire les scènes d'action, entraîne son lecteur au cœur des combats, des ruses ou des états d'âme douloureux de son héroïne. Quelques brefs passages, histoire de titiller la corde émotionnelle, mais même là, l'urgence et la peur ne disparaît pas totalement. Il possède un style qui fait grimper le rythme cardiaque du lecteur et lui donne le souffle court.

Dark Web a tout pour devenir un blockbuster, m'étonnerait qu'une adaptation ne vienne rapidement s'emparer de ce scénario palpitant. Le dénouement, classique, bataille finale, hémoglobine en jet et projectiles fusant dans tous les sens, laisse la porte grande ouverte à une suite, les ennuis et toutes les questions de Jane sont loin d'être résolus.

Assez convenu dans l'ensemble, Dark Web séduit par la qualité de l'écriture et celle des scènes d'action, menées par un personnage principal attachant en prise avec un des problèmes qui pourraient bien se poser à court terme au genre humain. Il y a certes quelques années d'avance dans les possibilités scientifiques ici décrites, mais il ne faut jamais oublier les projets et tentatives délirants de la CIA pour découvrir un moyen de contrôler les masses à grande échelle.

Un thriller qui va vous saisir les neurones aussi sûrement que les inventions perfides des Docteur Mabuse que Jane Hawk doit affronter !


Notice bio

Auteur de 22 romans en tête des meilleures ventes du New York Times, Dean Koontz, né en 1945, réside à Newport Beach, une ville du sud de la Californie où se déroulent la plupart de ses romans. Auteur de plus de quarante livres, vendus à 450 millions d'exemplaires à travers le monde, dont le best-seller La Nuit des cafards (1980), il a été traduit en 38 langues. Parmi ses dernières publications au Livre de Poche : Jour fatal (2010), Le choix vous appartient (2011) ou encore Le Mari (2012)


La musique du livre

Pléthore de titres et d'aritistes tout au long du roman, outre la sélection ci-dessous, vous y trouverez : Elton John - Funaral for a Friend, Bob Segher, Beethoven - Sonate au clair de lune, Mozart - Concerto pour piano N°23...

America - A Horse With No Name

Kansas - Dust in the Wind

Taylor Dane - Love Will Lead You Back

Cole Porter - Anything Goes

The Platters - Twilight Time

Joe Cocker - Love Lift Us Up Where We Belong


DARK WEB – Dean Koontz – Éditions de l'Archipel – 407 p. février 2018
Traduit de l'américain par Sébastien Danchin

photo : Pixabay

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