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Les interviews de Romans en Jeune et Noir : L'attachée de presse

Les interviews de Romans en Jeune et Noir : L'attachée de presse sur Quatre Sans Quatre

Photo : Flore Delain


À la découverte des métiers du livre : Attaché(e) de Presse

Interview de Pauline Parvan, attachée de presse aux Éditions du Rouergue, collection Jeunesse

Nous vous l'avions annoncé dans la présentation du projet de Romans en Jeune et Noir, en plus de la lecture et de la critique de livres qui leur étaient destinés, les élèves de troisième 4 du collège Marcel Gambier de Lisieux vont aller à la rencontre de professionnels du secteur pour appréhender la diversité des intervenants, en plus de l'auteur, nécessaires à la diffusion d'un livre.

Nous commençons aujourd'hui avec un entretien très gentiment accordé à Apple Juice par Pauline Parvan qui nous présente sa profession d'attachée de presse, souvent citée mais peu connue.


Comment choisir une stratégie de communication ?

On choisit une stratégie de communication en fonction du livre sur lequel nous allons communiquer. On ne touche pas les mêmes personnes/réseaux lorsque l’on parle d’un album ou d’un roman ado. Le thème joue un rôle important également. Par exemple, lorsqu’on a publié le roman d’Anne Percin « Wester Girl », j’ai contacté des magazines d’équitation en plus de ma liste de journalistes systématique. Aussi, la région d’où vient l’auteur joue un rôle dans la communication. Il existe beaucoup d’émissions/de presse locales qui aiment promouvoir leurs auteurs et les livres.

Du coup, vous voyez que le travail est intéressant. Chaque livre requiert une stratégie nouvelle, un nouveau challenge et fait émerger des idées. C’est cela que j’aime dans mon travail : aucun jour ne se ressemble !


Est-il difficile d'obtenir des échos dans la presse ?

Il est de plus en plus difficile d’obtenir des échos dans la presse écrite. C’est un secteur en crise. Mais grâce à internet, un tout nouveau champ s’offre à nous ! Les sites des journaux d’informations développent de plus en plus des rubriques Livres mais nous comptons aussi énormément sur notre réseau de blogueurs. Ils sont très prescripteurs, ils sont de vrais passeurs de savoir !

Après, il ne faut pas hésiter à « relancer » c’est à dire rappeler les journalistes susceptibles d’être intéressés par notre livre. Ils sont très pris. Ils reçoivent un nombre incommensurable de livres chaque jour. Ils ne peuvent pas tout lire, c’est évident et normal. Il est donc important de lier des relations privilégiées avec eux afin de leur pointer LE livre qui les interpellera dans notre programme. Généralement, plus on connaît les gens plus on cible leur goût. Une relation durable est alors primordiale !


Cette stratégie se fait-elle en relation avec l'auteur ?

Évidemment. Dès que nous recevons une nouveauté au service de presse, nous demandons aux auteurs s’ils ont des contacts privilégiés à qui ils aimeraient faire parvenir le livre. Nous pouvons alors organiser une séance de dédicaces pour qu’ils signent les livres à envoyer.

Ensuite, dès qu’un article tombe. Nous les prévenons immédiatement.

Enfin, lorsqu’il s’agit de construire toute un stratégie de communication, nous travaillons en lien étroit avec eux. Par exemple, pour le roman ado de Marine Carteron « Les Autodafeurs », nous lui avons demandé son avis/sa validation sur chaque matériel de promotion crée (marque-page, livret, affiche, goodies etc.).

Il est important que les auteurs soient au courant de ce qu’il se passe autour de leur livre. En effet, en discutant avec eux, d’autres idées émergent car, souvent, ils imaginent à des choses auxquelles nous n’avions pas pensé.


Faut-il aimer le livre que l'on défend ?

Je ne peux pas vraiment répondre à cette question de façon objective. En effet, je travaille dans ma maison d’édition préférée donc j’aime tous les livres publiés (si si je vous jure !). Du coup, je trouve mon travail peu compliqué. Chaque ouvrage m’enthousiasme car je vois l’importance et l’utilité qu’il aura dans le domaine de la littérature de jeunesse. La créativité des auteurs est incroyable et il n’existe pas de tabous, ni de censure au Rouergue. La liberté de créer et de proposer est très grande donc la production n’en est que plus intéressante.


Comment faites-vous pour connaître vos livres ?

J’en parle, en amont, avec les éditeurs et ensuite, je les lis tous. Si j’ai d’autres questions après lecture, je me tourne vers l’éditeur ou l’auteur. Il faut connaître son programme sur le bout des doigts. En effet, on est plus sûr de soi lorsque l’on sait de quoi on parle. Il faut bien comprendre qu'il ne s’agit pas de « mentir » ou de « rouler » la personne qui est en face de nous mais de lui expliquer pourquoi tel ou tel livre a son importance, ce qu’il apporte de nouveau (créativité, éclairage…) / en quoi il doit impérativement être lu.


Les lisez-vous en entier ?

Bien sûr ! C’est indispensable. Pour moi, il est inenvisageable de parler d’un livre que je n’aurais pas lu en entier ! (question de respect pour les auteurs et les éditeurs en premier lieu!)


Merci à Pauline et aux Éditions du Rouergue Jeunesse qui nous ont ouvert une partie de leur catalogue afin de réaliser ce projet Romans en Jeune et Noir.

Interview : Association DIRECTOR'S CAT Les interviews de Romans en Jeune et Noir : La traductrice Interview : BELLEVILLE ÉDITIONS