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DTC #11 :
Les Larmes de Pancrace, un polar de Mallock

DTC #11 : Les Larmes de Pancrace, un polar de Mallock sur Quatre Sans Quatre

C'est dimanche donc DTC, obligé! Qu'est ce? Rendez-vous ici pour l'idée et pour la série en cours

Pas réellement un débutant Mallock puisque Les Larmes de Pancrace est le quatrième opus de la série en cours mais c'est une de mes très belles découvertes de cette entrée du printemps.

Deux histoires qui s'enchevêtrent dans ce polar, la très ancienne saga de la création d'un vignoble en bordelais pendant la traque des templiers et le meurtre contemporain qui vient troubler les vacances de Mallock. Érudit sans être pédant, l'auteur ajoute sa pierre à l'histoire du polar, Les Larmes de Pancrace est toute à la fois chanson de geste et regard acéré sur l'actualité la plus brûlante.

Hasard de l'édition, les tribulations judiciaires de notre ex président, du moins la façon de désamorcer celles-ci, et la réaction médiatique de Sophie Corneille présentent des points communs savoureux.


Le pitch

Après un voyage d'affaire à Paris, Jean de Renom rentre dans son domaine viticole du bordelais où l'attend son épouse Camille et son très jeune enfant. A peine entré, il est sauvagement assassiné sans faire mine de se défendre. Amédée Mallock, en vacances dans la région, est appelé en renfort sur cette délicate enquête au sein d'une famille renommée par son ami, et ex collègue,le commissaire Gilles Guédrout qui souahite disculper la douce Camille que tout désigne.

Sophie Corneille, la belle-mère du défunt est bien placée pour être candidate à la prochaine élection présidentielle et il va falloir marcher sur des œufs afin de ne pas froisser tout ce beau monde, citoyens ordinaires, certes, mais tant qu'on en leur cherche pas des poux.
En 1325, au même endroit, le vicomte Pancrace d'Armuth donne vie à son rêve : un vignoble de qualité donnant un grand cru pouvant se conserver et fournir la papauté sise en Avignon.

Les deux histoires vont bien entendu s'entrechoquer à sept siècles de distance.


L'avis de Quatre Sans Quatre

Une belle enquête, pas banale, qui rebondit sur une vieille affaire enterrée comme celui qui a été jugé coupable depuis trente en prison. Deux crimes en vase clos, deux coupables évidents a priori sauf si Mallock s'en mêle.

Un suspense remarquablement géré, les aventures de Pancrace permettent agréablement de respirer, de se cultiver, et une démonstration à la Sherlock pour clore le bec au meurtrier maintiennent l'intérêt jusqu’à l'ultime page. Il n'y a pas que la vivacité d'esprit de les déductions qui sont proches du détective de Conan Doyle, Amédée Mallock sacrifie également, non pas à la cocaïne comme son aîné, mais à l'opium pour entretenir la chaudière à raisonnement et apaiser les souffrances consécutives au décès de son fils unique.

Une sorte de Maigret défoncé quoi qui, comme le commissaire à la pipe, n'est jamais vraiment en vacances et ne peut résister à un beau mystère ou à jouer le chien dans le jeu de quille. Et puis il y a la défense de Sophie Corneille accusée d'homicides par Mallock, et, là, c'est toute l'actualité de ces trois dernières semaines qui défilent ou comment transformer une information judiciaire argumentée en persécution et en complot.

Heureusement que c'était écrit avant, on aurait pu soupçonner l'auteur d'avoir pris son inspiration sur les chaines d'info! Ajoutez à tout cela le vin, sang de la terre, la peste, la superstition et le cocktail est sublime. Superbement écrit dans une belle langue, un très bon moment et un grand polar!


Notice bio

Mallock, en plus d'être le héros, est le pseudonyme de Jean-Denis Bruet-Ferreol, peintre, photographe, designer, inventeur, directeur artistique, compositeur et donc écrivain, doit juste manquer plombier et agriculteur à la liste... Avant Les Larmes de Pancrace, il a publié trois autres polars, Les Visages de Dieu, Le Massacre des Innocents et Le Cimetière des Hirondelles.


La musique du livre

Celle des châtelains tout d'abord, Mozart, évidemment, puisqu'ils possèdent toute son œuvre. Les Beatles ensuite dont Mallock connaît l'histoire sur le bout des doigts et comme il évoque Abbey Road, c'est Come Together.

Pour finir, la nouvelle musique d'attente du standard du commissariat qui semble lui convenir...

Les Larmes de Pancrace – Mallock – Fleuve Noir – 463 p. février 2014

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