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Notre TOP 10 des Romans Noirs - ÉTÉ 2016

Notre TOP 10 des Romans Noirs - ÉTÉ 2016 sur Quatre Sans Quatre

photo : Pixabay


L'oeuvre au noir de la littérature, alchimie du désespoir...

Les romans noirs ne sont pas des polars, pas des thrillers mais ils naviguent sur les mêmes ondes amères, dans des contrées semblables. Les romans noirs et le polar sont frères de lait, ils ont tété le même sein acide. À tel point qu'il est parfois bien hasardeux de classer un livre dans un genre ou l'autre. Une intrigue policière un peu moins prégnante, un climat social ou politique encore plus marqué, des petits riens qui font un grand tout et change la donne, reléguant au second plan les investigations. Pas si important finalement, ce qui compte c'est qu'ils jettent une lueur dans l'obscurité du comportement humain.

Un Top 10 en forme de bilan de mi-année et de plaisir de vous offrir cette troisième et dernière sélection de cet été 2016. Un petit tour du monde des mauvais penchants de l'humanité, de personnages perdus dans un monde trop dur pour eux ou happés par la folie, des stratégies pour en sortir ou plonger avec encore plus de délice dans la déréliction, les toxiques exogènes ou la déprime essentielle.

Romans classés par ordre alphabétique, c'est le seul classement sensé, ils sont tous excellents. Plusieurs pays visités dans tous ces livres et un constat évident : ce qui rapproche les hommes est bien plus important que ce qui les sépare. Les cultures sont différentes, les habitudes et lois également, mais la corruption, la rapacité, l'exclusion, le racisme, la misère sont les mêmes partout.

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Bonnes lectures et bonnes vacances !


Le TOP 10

- Branches obscures – Nicolaj Frobenius – Actes Sud : La vie de Jo Uddermann, écrivain à succès, bascule quand il publie un nouveau roman biographique, d'un style qui tranche avec ses écrits précédents, qui retrace l'époque particulièrement trouble de son lycée quand il était l'ami d'un garçon décédé à l'âme violente. Dans ce texte, il s'intéresse à la noirceur de son défunt ami, se met à sa place, sonde son cœur et tente de comprendre ce qui a fait de lui cet être sombre et destructeur et pourquoi il était, malgré cela, son ami.
Petit à petit, des événements étranges se succèdent qui le mettent simplement mal à l'aise pour commencer et finissent par l'effrayer et prendre possession de sa vie.
Jo se rend compte que se glisser dans la tête d'un psychopathe n'est pas sans danger, finalement. L'écriture ne délivre pas, elle condamne, plutôt.

- De si vieux ennemis – Alain van der Eecken – Rouergue Noir : Pour retrouver Palmyre, son ancien amour, Victor va devoir mettre le nez dans les affaires très très sales de la France collabo, fasciste et qui s'est fait un max de pognon après la guerre en cultivant des amitiés très rentables et précieuses avec les dictateurs africains...
Mais pour garder le secret des affaires, ces affreux sont, malgré leur grand âge, prêts à aller très très loin, et les armes anciennes sont encore en état de marche. Le passé est plus difficile à liquider que les petits fouineurs.

- J'ai été Johnny Thunders – Carlos Zanon – Asphalte éditions : Monsieur Frankie est un ancien guitariste de rock ravagé par la came et la gnôle. En fin de cinquantaine, couvert de dettes et sans un rond, il revient vivre chez son père dans le quartier de Barcelone qui l'a vu grandir. Il est en quête de normalité. Un truc bien banal : bosser, rembourser ses créanciers, reprendre contact avec ses enfants en payant les arriérés de pension alimentaire, arrêter les toxiques. Il veut redevenir Francis, comme avant la folie des concerts, comme celui qu'il était avant de devenir Monsieur Frankie. C'est pas demander la lune quand même ? Mais rien ne sera simple dans ce magnifique roman noir.

- La nuit derrière moi – Giampolo Simi – Sonatine éditions : Il y a Furio, le représentant de commerce, fier de son épouse, de sa fille, de sa maison et de son Alfa-Roméo, puis il y a le Monstre qui épie les jeunes filles dans la cour du lycée et triche sur son identité. Quel est le lien entre eux ? Il y a la vie, les coups foireux du sort et la bêtise. Furio s'explique, le Monstre tente de se justifier. Les déconvenues et les grandes désillusions s'empilent dans la vie du représentant, transformant peu à peu son existence idéale et sa personnalité, déjà pas très facile...

- La terre des Wilson – Lionel Salaün – Liana Levi : Les Etats-Unis de la prohibition, de la grande dépression, l'Oklahoma, le chômage dans les villes et le combat sans fin pour arracher une maigre production à la terre trop sèche. Dickie et sa mère vivent dans la terreur des colères du père qui, par frustration et colère, les frappe régulièrement.
Pour sauver leur peau, Dickie décide de fuir avec sa mère, promettant à Annie-Mae, son grand amour, seule joie de son existence sordide, de revenir la chercher.
Les années passent, la sécheresse et les tempêtes de sable, la morne vie sans joie où tout est lutte sans grand espoir de gagner davantage que la survie.
Un jour, Dickie revient se confronter à son passé. En est-il encore temps ?

- Sanguinaires – Denis Parent – Robert Laffont : Est-ce qu'on est encore père quand on a perdu son fils ? Il n'y a même pas de mot pour désigner celui qui a perdu son enfant. Acculé à la fuite pour sauver son petit-fils fantasque qui converse avec les morts aussi aisément qu'avec les vivants, les fautes du fils aux fesses, le grand-père, ancien musicien corse, cherche désespérément la mère du petit pour le mettre en sécurité. Mais qu'est-ce que ça veut dire la sécurité quand on a affaire à la mafia corse ?
Une cavale, une vraie, jamais de repos, jamais à l'abri, un enfant trop intelligent et sensible à protéger pour se racheter, peut-être. La mort rôde, insatiable, fou celui qui pense lui échapper. Il est des rendez-vous auxquels on ne peut que se livrer.

- Si tous les dieux nous abandonnent – Patrick Delperdange – La Série Noire : Céline a froid, elle traîne son sac à dos et son peu d'affaires sur une petite route, errant sans but, s'éloignant surtout d'un lieu où il s'est passé quelque chose d'horrible. Alors que la neige arrive, elle est prise en stop par Léopold, un vieux monsieur fragile qui est tout heureux d'avoir un peu de compagnie. Il est veuf et respire plus par habitude que par volonté. Léopold prend goût à la présence de Céline, il retrouve des sensations qu'il croyait oubliées. La jeune femme ne va pas tarder à avoir des ennuis avec deux frères très particuliers...

- Spada – Bogdan Teodorescu – Agullo Noir : Un étrange meurtrier sévit dans les rues de Bucarest : il égorge très habilement un, puis deux, puis trois petits truands ayant, pour autre point commun, d'être Roms. A priori, rien qui ne doivent inquiéter les autorités, ni l'opinion publique qui est assez d'accord avec celui que la presse surnomme Le Poignard.
Il n'y aurait donc aucune raison que la police, corrompue jusqu'au plus haut niveau, enquête et se fatigue à chercher quelqu'un qui fait peu ou prou son travail. Mais les élections présidentielles approchent, le candidat de l'opposition, ex président, sent qu'il y a matière à mettre en péril la réélection de son successeur qui n'a déjà plus la faveur des sondages.

- Terre Déchue – Patrick Flanery – Robert Laffont : L'Amérique parano, homophobe, raciste et violente, où chacun est un danger en puissance. La sécurité de tous est l'objet de la convoitise de grands groupes industriels qui contrôlent petit à petit la société.
Dans un lotissement peu à peu inondé, qui se vide de ses habitants, un couple emménage dans une maison qui prend l'eau et qui s'affaisse petit à petit.
Leur petit garçon est le seul l'invisible, le Monstre qui vit dans les entrailles de la maison, l'ancien propriétaire décidé à les éliminer de ce qu'il considère encore comme son domaine.
Une atmosphère orwellienne, un constat terrible sur la société américaine en mode autodestruction. Les rêves des enfant sont plus lucides que ceux des adultes, mais leur vulnérabilité les condamne irrémédiablement.

- Tout ce qu'on ne s'est jamais dit – Celeste Ng – Sonatine éditions : 1977 : Lydia Lee n'a que seize ans. Elle est morte et gît au fond du lac qui jouxte la demeure de sa famille. Son père, James, d'origine chinoise, est professeur d'université. Sa mère, Marylin, américaine, blanche, a dû abandonner son rêve d'être médecin parce qu'elle était une femme.
Lydia a-elle été victime d'un tueur en série ? S'est-elle suicidée ? Et pourquoi ? Elle avait un avenir tout tracé de scientifique, était aimée, adorée même, de ses parents... Une pure merveille !


Déjà paru

- Top 10 Polars été 2016

- Top 10 Thrillers été 2016

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