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Série télé : Happy Valley, un petit coin pas si heureux que ça ...

Série télé : Happy Valley, un petit coin pas si heureux que ça ... sur Quatre Sans Quatre

Une affaire vraiment sordide dans la paisible campagne anglaise

Titre paradoxal pour cette mini-série policière en 6 épisodes, d'un peu moins d'une heure chacun, qui est diffusée sur BBC One depuis le 29 avril de cette année, y a pas vraiment de quoi être heureux dans cette vallée! Écrite par Sally Wainwrignt et réalisée par elle-même, Euros Lyn et Tim Fywell, elle a connu un beau succès et les négociations sont ouvertes en vue d'une deuxième saison, il faut dire qu'il y avait plus de 7 millions de téléspectateurs pour le pilote !

Tout en haut de l'audimat, deuxième place tout à fait inattendue pour le programme, et un phénomène de diffusion par bouche à oreille qui a amplifié le phénomène pour les épisodes suivants.

C'est ce qui a permis à la chaîne de contenir les demandes de censure - habituelles de ce côté du channel, y a pas que chez nous - et d'éviter un retrait de la programmation, suite à quelques scènes jugées trop violentes ou réalistes. Les scènes sont violentes et réalistes, effectivement, mais elles sont tout à fait justifiées par le récit et renforcent la dramaturgie sans virer dans le gore ou le voyeurisme.

Sans casting luxueux, BBC One parie sur la qualité de l'histoire pour attirer le chaland et gagne. Certaines chaînes françaises auront peut-être la bonne idée de s'en inspirer et de délaisser les historiettes insipides portées par de has been cinématographiques hors de prix qui plombent les coûts de prod au détriment des autres postes capitaux d'une série.


Le pitch

Catherine Cawood est agent de police, pas inspectrice, dans une pimpante vallée typiquement anglaise du Yorkshire. Femme de caractère, elle vit avec sa sœur ancienne toxico et éduque son petit-fils. Sa fille s'est suicidée juste après son accouchement et son mari n'a jamais supporté la vue du garçon, cette plaie est encore béante et ravivée par la sortie de prison du violeur présumé, Tommy Lee Royce, jamais inquiété sur cette affaire et incarcéré pour un autre délit. Catherine se met en chasse, persuadée qu'elle va enfin pouvoir le coincer...

Pendant ce temps-là, dans cette même vallée sympathique, Kevin Weatherill est un employé de bureau modeste et furieux : son patron vient de lui refuser l'augmentation indispensable pour envoyer sa fille dans une école privée.

Il se met en cheville avec Ashley Cowgill, un dealer local, afin de kidnapper la fille de son patron et de lui soutirer une rançon qui lui permettra d'atteindre son but. Mais un voyou rapace et un minable comme Kevin ne sont pas fait pour travailler ensemble et tout cette affaire va bientôt complètement partir en sucette au grand dam d'un Kevin terrorisé. Tommy Lee Royce, évidemment, sera de la combine et les catastrophes vont s'accumuler.


L'avis de Quatre Sans Quatre

La qualité de Happy Valley repose sur une histoire solide et crédible. Pas de super héros, de truand impassible, de stratège maléfique, ce sont des gens ordinaires qui ne maîtrisent pas grand chose et improvisent au fur et à mesure, dans l'urgence et l'affolement, sur des événements qui les dépassent.

Ce qui rend la situation d'autant plus dangereuse et passionnante d'ailleurs. Ashley Cowgill n'est pas Al Capone et Kevin Weatherill en minable, cupide et pleutre, n'est pas un génie du crime. Catherine n'a pas de sixième sens, pas d'intuition extra sensorielle, elle fait son boulot et avance pas à pas, déterminée et sérieuse, empathique et touchante.

Toute cette affaire me semble correspondre bien mieux à la réalité quotidienne de la police aujourd'hui que les scénarii tordus qui peuplent habituellement ce genre de séries. C'est joué juste, sans artifice avec ce petit plus d'humanité qui nous fait habiter provisoirement le Yorkshire à chaque épisode, y reconnaître tel ou tel voisin et nous promener dans les rues sans penser être dans un décor.

Après Broadchurch, Luther, The Fall, The Fear ou la fantastique Utopia, encore une série d'exception anglaise à déguster. Une histoire simple mais pas simpliste, des personnages vrais, humains, défaillants, hésitants, une réalisation et une photographie soignées et précises, de bons comédiens qui endossent d'autant mieux leurs rôles que ceux-ci sont proches du quotidien de chacun. Une recette apparemment simple qui fonctionne parfaitement.


Le trailer

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