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Romans en Jeune et Noir :
LA NUIT NE DURE PAS d'Olivier Martinelli

Romans en Jeune et Noir : LA NUIT NE DURE PAS d'Olivier Martinelli sur Quatre Sans Quatre

photo : Flore Delain


Résumé du livre :

La Nuit Ne Dure Pas est l'histoire de trois jeunes frères liés qui ont la rage de vivre, la passion du rock’n’roll et l’ambition d’imposer leur groupe, les Kid Bombardos, comme la meilleure formation rock du siècle. Trois frères, dans trois récits qui nous racontent leurs vies, leurs lâchetés et leurs espoirs.

Il y a Arthur, l’aîné, bassiste des Kid, solitaire, libraire à ses heures, fan de Fante père et fils, il essaye d'arrêter de consommer des substances illégales mauvaises pour la santé. Il a trahi les siens et ses mains tremblent souvent.

Il y a Seb, 15 ans, batteur impitoyablement doué. L’enfance lui pèse comme un gros poids dans sa vie. Il veut partir. A Paris, il fera l’expérience de la liberté mais aussi d'une solitude. Il y rencontrera son premier amour.

Il y a enfin Dominic, le cadet, compositeur, leader et chanteur. Il ne compose plus, il n’y croit plus. Dominic laisse sa famille et finirait bien sous un train...


L'extrait

« Ensuite, j’ai saisi ma guitare et j’ai branché mon micro sur l’enregistreur. Je l’ai placé à mi-hauteur, face à l’ampli guitare. J’étais prêt à me lancer, à sauter dans le vide.J’ai gratté les cordes de mon Epiphone mais rien ne venait. Aucune mélodie, aucune phrase. J’ai posé la guitare sur le lit à côté de moi. J’ai placé mon front dans la paume de mes mains. J’ai essayé de comprendre ce qui m’arrivait. Mais je n’avais aucune réponse. J’ai repensé au baiser que Charline avait donné à Mika. Ca m’a rendu fou. Mais je n’avais rien à dire. Parce que à l’origine de tout ça, il n’y avait qu’un responsable et il était là enfermé dans cette pièce avec moi.
Ma mère est venue taper à ma porte pour que je vienne manger. J’ai crié que je n’avais pas faim. La nuit, je n’ai pas fermé l’œil. Je tournais en rond dans ma chambre. A un moment je suis allé cherché une bière dans le frigo des parents.J’ai pensé que ça me ferait du bien. Que ça ferait sauter quelques barrières. Au contraire, ça en a érigé de nouvelles et ça aiguisé ma lucidité à l’extrême. »


Mon avis sur le livre :

Bien que je n'aime pas beaucoup lire et mon inexpérience dans le domaine de la littérature, ce livre là m'a quand même plu au point que je le conseillerais à ma mère, qui elle, aime beaucoup lire.

L'histoire des trois frères était entraînante et intéressante. On ne s'ennuie pas en lisant ce livre. Les phrases sont très bien construites, ce qui donne une lecture agréable et compréhensible.

Il est composé de trois parties où trois frères veulent construire quelque chose ensemble. Ce sont trois personnages très différents, avec leur propre caractère que j'ai beaucoup aimé découvrir. En lisant le livre, on apprend à connaître les trois frères, on peut bien voir qu'ils sont passionnés de musique avec chacun un style différent. Ils sont inséparables et font face à l'adolescence et à l'entrée dans l'âge adulte. J'ai remarqué que les titres des chapitres sont des titres de musique, ce qui est très bien pensé de la part de l'auteur. Pour moi qui suis un adolescent, ce livre ne m'a pas paru difficile à comprendre, c'est une bonne chose.


Biographie de l'auteur :

De nationalité française, né à Marseille en 1967, Olivier Martinelli est professeur de mathématiques, il a enseigné à la Réunion, à Paris, Avignon et Nîmes, avant de revenir en 2003 à Sète, comme professeur au collège Paul Valéry, où il fut élève. Impliqué dans la vie culturelle et littéraire de sa ville, tant dans l’organisation de festivals (Festival de la Fonderie) que par la création d'une maison d'édition associative '' Poussière Édition '' et d'une revue (Ce singe monté au ciel), il a publié cinq romans dont  La Nuit ne Dure pas (son troisième), un recueil de nouvelles, cinq nouvelles dans cinq recueils collectifs et des petites nouvelles publiées dans de nombreuses revues.


L'image du livre

Pas de musique sans matériel...

La Nuit ne Dure pas


L'interview de l'auteur

D'où est née votre passion pour l'écriture ?

Ça ne va pas plaire à ton professeur de français. Je manquais peut-être de maturité mais les grands classiques enseignés au lycée ne me touchaient pas. Et donc mon goût pour la lecture est venu bien après. Quand je suis entré à la FAC de sciences, mon frère aîné m'a initié à une autre forme de littérature, plus moderne, plus nerveuse, plus émouvante. Et pour la première fois, j'ai eu l'impression que des écrivains me parlaient vraiment.

Dans mes lectures déterminantes, il y a eu Salinger avec "L'attrape-cœurs", tout John Fante, Philippe Djian, Céline avec "Le voyage au bout de la nuit", beaucoup d'autres, des écrivains toujours au service de l'histoire et qui ne se servent pas d'elle, des écrivains qui touchent au cœur avant de viser la tête.
Boris Vian m'avait barbé au lycée avec "L'écume des jours". Je l'ai redécouvert avec "J'irai cracher sur vos tombes".

Mon goût pour l'écriture est né en même temps que ma passion pour la lecture. Parce que les écrivains dont je parle n'ont pas une écriture intimidante. Ils vous donnent une impression de facilité qui vous fait croire que vous pourrez les "imiter". Je me suis donc lancé autour de la vingtaine. Je me suis vite rendu compte qu'écrire comme mes modèles était, en réalité, d'une difficulté extrême. J'ai mis 7 ans à finir mon premier roman, un roman qui dort dans un tiroir (heureusement pour tout le monde). Mais il m'a permis de faire mes gammes.


Quelle a été votre ou vos sources d'inspiration pour ce roman ?

Cette histoire s'est écrite en deux temps. J'ai commencé par publier "Fanzine" (le premier volet de cette trilogie) en 2006 sans imaginer, un seul instant, que j'en écrirais les suites quatre ans plus tard. Ma source d'inspiration pour "Fanzine" a été, clairement, la vie de l'aîné de mes trois neveux. Il était en échec scolaire et en proie à certaines addictions. Écrire cette histoire a été une façon de lui parler, de lui montrer qu'une issue était possible.

Ensuite, en 2009, j'ai accompagné au Printemps de Bourges, les "Kid Bombardos", le groupe formé par mes trois neveux et un ami d'enfance. La suite de Fanzine est née là, dans le Trafic de mon frère, avec les instruments entassés à l'arrière.

Evidemment, il y a aussi le rock qui a innervé chaque chapitre, chaque paragraphe de ce livre.


Avez-vous lié le caractère de vos personnages à l'instrument dont ils jouent ?

Ce roman est une fiction, mais les caractères des personnages sont complètement liés à ceux des quatre musiciens des Kid Bombardos.

Je n'aime pas les clichés et je les fuis le plus possible. Mais, ta question est pertinente parce qu'il paraît que beaucoup de batteurs se sont reconnus dans le personnage de Seb.


Le rock est-il votre style de musique préféré ?

J'aime, avant tout, les chansons. Et je fuis les performances techniques que l'on peut trouver dans le free jazz ou chez les "guitar hero". Il se trouve que c'est dans le rock et la pop que j'ai rencontré le plus d'émotions, en concert ou sur disques. Donc "oui", on peut dire que c'est mon style de musique préféré.


Ce style se prêtait-il particulièrement à votre sujet ?

Oui, forcément. Je voulais restituer l'énergie et l'urgence du rock sur la page. En citant tous ces groupes, je voulais aussi rendre à cette musique ce qu'elle m'a apporté, régler une ardoise, en quelque sorte. Beaucoup de mes amis ont lu le livre en écoutant la bande-son sur deezer. Et je suis heureux de leur avoir fait découvrir certains groupes.

 


La musique est-elle pour vous un moyen de se comprendre au-delà des conflits comme le font les trois frères qui, malgré leurs différences, réussissent à former un groupe?

Effectivement. C'est un langage universel. Dans cette histoire, c'est un lien supplémentaire qui les unit et leur permet de communiquer.

merci à Olivier Martinelli


Musique du livre

Les Kid Bombardos existent réellement. Le groupe est composé, pour partie, des neveux d'Olivier Martinelli, un rock band originaire de Bordeaux, un de leur clip, Round the Bend.

Pour le reste, dans un roman ayant pour thème la création et la vie d'un groupe de rock, normal d'y trouver de bonnes références dont Queen, Bohemian Rhapsody, The Jesus And Mary Chain - Just Like Honey

 

LA NUIT NE DURE PAS – Olivier Martinelli – 13E Note Éditions – 268 p. avril 2011

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