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Crise de l'édition indépendante !

Tribune : Crise de l'édition indépendante ! sur Quatre Sans Quatre

Quelle littérature voulons-nous ?

Le pangolin ne peut être le seul accusé de la crise actuelle de l’édition, la chauve-souris non plus, fût-elle chinoise. Elle préexistait à la pandémie, couvait depuis des années. Le cataclysme sanitaire, le confinement et ses conséquences économiques n’en ont révélé que plus crument encore l’intensité, et ont accéléré la fragilisation de celles et ceux qui étaient déjà en équilibre instable au bord du gouffre.

Par leur diversité, les risques éditoriaux qu'elles prennents, ces maisons permettent d'offrir au public une formidable variété de choix. Elles mettent sur la table des librairies des textes qui n'auraient peut-être pas vu le jour sans elles, dans des domaines parfois délaissés, ou au lectorat restreint. Il ne s'agit pas de les opposer aux grands groupes de l'édition, mais de faire en sorte que chacun puisse continuer à vivre et travailler.

Sommes-nous condamnés à cet oxymore effrayant d’une « création formatée » ? Peut-être pas. Une fois encore la réponse se trouve dans la synergie des acteurs et actrices de l’édition indépendante et de celles et ceux qui la soutienne. C’est pourquoi des dizaines de professionnel.le.s lancent, à travers la tribune ci-dessous, un appel à la mobilisation et à la concertation afin de pérenniser la diversité de l’offre littéraire en France. Texte auquel Quatre Sans Quatre souscrit en totalité et qu’il vous encourage à lire et à relayer.

(Cette tribune a été publiée pour la première fois dans le journal L’Humanité le 29 avril 2020)


La tribune

Krisis : il est temps de faire un choix

Nous sommes des professionnel.les du livre et représentant.es de maisons d’édition indépendantes de l’espace francophone. « Indépendantes » : cela signifie que les entreprises représentées ici n’appartiennent pas à un groupe et que leur capital, s’il y a lieu, est détenu par des personnes individuelles, et non par des financiers ou fonds de pension.

Dans cette crise inédite que nous traversons, nos pensées vont d’abord aux malades et aux soignant.es, à toutes celles et ceux qui assurent au quotidien la poursuite de la vie. Chacun le sait, une fois la crise sanitaire endiguée, son impact économique frappera de plein fouet nombre d’entreprises, dont celles de notre secteur. Ce quasi- arrêt temporaire de nos activités nous fait mesurer autant la détermination qui nous anime que les fragilités peuplant nos rangs en « temps normal ». Il nous invite également à penser la suite, car l’étymologie grecque du mot « crise » nous le rappelle : krisis, c’est aussi la nécessité́ de faire un choix.

Nous sommes en crise, mais qui sommes-nous ?

En France, la filière du livre est extrêmement diverse et fait vivre, sur tout le territoire, un nombre considérable de professionnel.les (près de 81 719, en 2018), personnes individuelles, structures indépendantes ou groupes industriels et intégrés. Outre les auteurs.trices, libraires et éditeurs.trices, en voici une liste non exhaustive : traducteurs.trices, agent.es littéraires, attaché.es de presse, graphistes, correcteurs.trices, photographes, illustrateurs.trices, relations libraires, animateurs.trices littéraires, formateurs.trices, organisateurs de festivals et salons, bibliothécaires, imprimeurs, papetiers, représentant.es et diffuseurs, distributeurs qui gèrent le transport et le stockage des ouvrages, coursiers spécialisés, toute une variété́ de postes administratifs, comptables... De plus, les textes peuvent irriguer d’autres domaines de la vie culturelle, spectacle vivant, cinéma, audiovisuel...

Depuis plusieurs années, différents mouvements structurels sont à l’œuvre dans ce secteur :

- accélération de la concentration capitalistique au sein de groupes devenus industriels (édition, diffusion-distribution) ;

- surproduction : le livre est majoritairement un marché de l’offre ; en outre, schématiquement, le chiffre d’affaires d’un éditeur est positif les mois où il sort des nouveautés et peut devenir négatif les mois où les libraires renvoient les invendus, d’où la tentation de compenser ces retours par d’autres nouveautés pour générer de la trésorerie...

- prééminence de plus en plus marquée et nécessaire de la question du social (juste rémunération des auteurs.trices et indépendant.es...) et de l’écologie (imprimer localement ou pas, sur quels papiers, destruction des invendus...) ;

- lutte des librairies physiques pour résister à la concurrence de certaines plateformes de vente en ligne, tel le mastodonte Amazon.

Nos maisons nourrissent une forte interdépendance avec la librairie, principalement indépendante, qui a toujours tenu le rôle de passeuse pour nos catalogues. Son rôle s’en trouve aujourd’hui accru. Toutefois, soyons clair.es, le poids économique de nos maisons ne représente, la plupart du temps, qu’une faible part de son chiffre d’affaires. En revanche, vendre nos ouvrages offre à la librairie indépendante une plus-value, lui permet de se distinguer des propositions des chaînes et des enseignes, et d’être force de conseil. Ce choix préside largement à l’établissement de son identité. Car d’un point de vue culturel et social, l’édition indépendante a un rôle à jouer : notre échelle nous donne la liberté de faire preuve d’audace sans avoir à entrer dans les clous d’une gestion économique complexe.

De fait, une grande part des premiers romans, mais aussi des ouvrages de philosophie, de poésie, de théâtre, de sciences humaines, etc., ne seraient peut-être plus publiés sans des structures comme les nôtres, capables de produire des textes impliquant parfois un faible tirage mais dotés d’une grande valeur intellectuelle, critique et esthétique, et se déployant sur un temps long. Nous défendons des idées, une diversité de la pensée, des fenêtres vers l’ailleurs.

Nous proposons aussi des modèles économiques différents de ceux de la grande industrie du livre, des modèles alternatifs qui se démarquent, voire, pour certains, s’opposent au modèle capitaliste dominant qui, en temps de crise, devient par essence prédateur. Certain.es, parmi nous, sont des structures associatives, des auto-diffusé.es, des diffuseurs-distributeurs à taille humaine, en somme autant de cas qui sont des expérimentations économiques de valeur, mais qui se doivent d’être protégés par la communauté que nous formons.

Deux éléments ne nous sont pas spécifiques, mais communs à toute l’édition : le soutien des acteurs territoriaux et publics par le biais d’aides directes et indirectes et la loi Lang du 10 août 1981 assurant le prix unique du livre, ce qui permet de protéger la filière et de développer l’accès à la lecture. Ces deux points sont essentiels à l’exercice de nos maisons.

Nous sommes en crise, c’est le moment de faire un choix

Le ministre de la Culture Franck Riester a exprimé́ son soutien à la filière, et particulièrement à la librairie. Antoine Gallimard s’est dit inquiet pour les « petits éditeurs ». Inquiets.ètes, nous le sommes aussi. Face à la concentration décrite, souvent peu visible pour les lecteurs.trices, la concurrence est rude pour disposer d’une place sur les tables en librairie quand on ne publie qu’une dizaine de titres par an, sachant qu’en 2018, ce sont 82 313 titres qui ont paru, soit l’équivalent de 225 livres par jour !

Ne serait-il pas le moment de ralentir la course à la nouveauté, qui voit un nombre considérable de textes partir au pilon sans avoir eu le temps de toucher lectrices et lecteurs ? Plusieurs des maisons représentées ici, alors même que nos productions sont déjà, en « temps normal », raisonnables et raisonnées, ont déjà fait ce choix pour les mois à venir, afin de préserver les libraires, en se refusant à les accabler sous un « embouteillage » de titres dans la période qui suivra le « déconfinement », mais aussi les auteurs.trices en se donnant la possibilité de défendre au mieux leurs ouvrages. En effet, les librairies vont rouvrir, mais dans quel état ? Et toutes le pourront- elles ? Le Syndicat de la Librairie française (SLF) appelle à la « création d'un fonds d'intervention consolidant les moyens d'intervention de l’État (Centre national du Livre, ministère de la Culture notamment), des régions et de partenaires privés [...] destiné à couvrir la perte d’exploitation des librairies ».

Nous sommes en crise, c’est le moment de proposer et d’agir

Nous soutenons pleinement cet appel et demandons à élargir ce fonds de soutien, tant aux maisons d’édition indépendantes qu’aux travailleurs.euses indépendant.es qui œuvrent à l’existence du secteur elles et eux aussi.

Or, qui porte notre voix à l’échelle nationale ? À l’heure actuelle, personne, dans la mesure où le Syndicat national de l’Édition ne nous semble pas représentatif de maisons comme les nôtres, dont l’économie tient davantage de l’artisanat ou de la petite entreprise que de l’industrie. Pourtant, régionalement ou thématiquement, certain.es d’entre nous sont déjà̀ organisé.es, (les questionnements ne sont pas neufs, leur acuité́ est accrue par le contexte). Nous travaillerons donc avec elles et eux pour créer dans les mois à venir une organisation professionnelle, sous la forme par exemple d’un syndicat, destinée à nous représenter toutes et tous et à nous permettre de nous fédérer afin de pouvoir avoir une place à la table des négociations interprofessionnelles. Car la France est un pays qui a la chance d’avoir une politique culturelle forte, dont l’un des piliers est de garantir l’accès à la lecture au plus grand nombre. Les aides de l’État, mais aussi celles de l’Europe, seront déterminantes dans les semaines qui vont suivre. Au nom de nos spécificités, il est important que nous participions à l’élaboration de ces politiques.

À l’aune de ces réflexions, nous appelons par ailleurs de nos vœux la mise en place d’États généraux francophones de l’Édition indépendante. Ceux-ci pourraient s’appuyer sur un cahier de doléances, ouvert à l’ensemble des acteurs.trices de la chaîne du livre évoqué.es en préambule, afin de définir et d’analyser en commun les « dysfonctionnements » pointés par Xavier Moni, mais aussi de révéler des solutions ou des expérimentations proposées à travers l’espace francophone. À nous de porter notre voix, de devenir force de propositions, et de penser à de nouvelles modalités culturelles et économiques. L’avenir ne pourra s’envisager qu’à travers un dialogue ouvert entre toutes celles et tous ceux qui constituent le monde du livre.

Le Collectif Édition indépendante

Cette tribune est née à l’initiative de Chloé Pathé (Anamosa), Valérie Millet & Sandrine Duvillier (Le Sonneur), Jean-Luc A. d’Asciano (L’Œil d’or), en partage avec Dominique Tourte (Invenit), Benoît Verhille (La Contre Allée) et Charles-Henri Lavielle (Anacharsis).


Signataires :

Maisons d’édition

À contresens (Joël Lévêque), À la Criée (Frédéric Barbe), ActuSF (Jérôme Vincent), Agone (l’équipe), Agullo (Nadège Agullo, Estelle Flory, Sébastien Wespiser), Airvey éditions (Hervé Mineur), Al Manar (Alain Gorius), Amsterdam (Lambert Clet, Eva Coly, Nicolas Vieillescazes), Anacharsis (l’équipe), Anamosa (Doris Audoux, Christophe Granger, Monika Jakopetrevska, Marie-Pierre Lajot), Antidata (Olivier Salaün et Gilles Marchand), Arbitraire (Juliette Salique et Renaud Thomas), Arcane 17 (Marie-Pierre Vieu Martin), Art3 éditions (Françoise Plessis), Asphalte (Estelle Durand et Claire Duvivier), Association francophone de haïku (Jean Antonini, Éléonore Nickolay, Geneviève Fillion), Atelier de l'Agneau (Françoise Favretto), Ateliers Henry Dougier (Henry Dougier), Au Vent des Îles (Christian Robert), Aux Forges de Vulcain (David Meulemans), Balzac Editeur (Robert Triquère), Belleville éditions (Dorothy Aubert), Blast (Solène Derrien et Karima Neggad), Bouclard éditions (Thierry Fétiveau, Clément Le Priol, Benjamin Reverdy), Ça et là (Serge Ewenczyk), Cabardès (Monique Subra), Cadex (Hélène Boinard), Callidor (Thierry Fraysse), CBE Éditions (Jean-Pierre Gayraud), Chandeigne (Anne Lima), Chant d'Orties (Béatrice Guillemard), Chronique Sociale (André Soutrenon), Collectif Dystopia, Collectif Smolny, Comité de rédaction de la revue Sensibilités (Q. Deluermoz, T. Dodman, A. Kunth, H. Mazurel, C. Vidal-Naquet), Cosmografia (Louise-Anne Petit), Cours toujours (Dominique Brisson et Daniel Henry), Creaphis (Claire Reverchon, Pierre Gaudin, Aude Garnier), Dadoclem (Danica Urbani), Dépaysage (Amaury Levillayer), Dernier Télégramme (Fabrice Caravaca), Divergences (Johan Badour), DO éditions (Olivier Desmettre), D’Orbestier (Cyril Armange), les Éditeurs associés (association), Éditions À Propos (Myriam Degraeve), Éditions Abeille et Castor (Amélie Averlan), Éditions Aldacom (Alain D’Amato), Éditions amanite (Thierry Declercq), Éditions B42 (Alexandre Dimos), Éditions Balivernes (Pierre Crooks), Éditions Bruno Doucey (Bruno Doucey et Muriel Szac), Éditions Chèvre-feuille Étoilée (Behja Traversac), Éditions Critic (Éric Marcelin), Éditions de la Margeride (Robert Lobet), Éditions de l’Attente (Franck Pruja), Éditions de l'Éclat (Michel Valensi), Éditions de l’Éclisse (Romain Monsifrot et l’équipe), Éditions Delga (Edmond Janssen), Éditions d’en bas (Suisse) (Jean Richard, Pascal Cottin, Antonin Gagné), Éditions D’eux (Québec) (Yves Nadon et France Leduc), Éditions du Caïman (Jean-Louis Nogaro), Éditions du Canoë (Colette Lambrichs), Éditions du Commun (Benjamin Roux et Sylvain Bertrand), Éditions du Croquant (Arnaud Saint-Martin et Louis Weber), Éditions du Détour (Juliette Mathieu et Bertrand Bernard), Éditions du Dragon noir (Patrick Bert), Éditions du Félin (Stéphane Goulhot), Éditions du Linteau (Bernard Marrey et Julien Vitteau), Éditions du Murmure (David Demartis et Jérôme Martin), Éditions du Pacifique (Thierry Théault), Éditions du Sonneur (Sandrine Duvilliers et Jean-Luc Remaud), Éditions du volcan (Frédéric Mélis), Emmanuelle Collas (Emmanuelle Collas), Éditions Elyzad (Elisabeth Daldoul), Éditions Érès (Marie-Françoise Dubois-Sacrispeyre), éditions espaces&signes (Caroline de Peyster et Edouard Dor), Éditions FLBLB (l’équipe), Éditions Folies d’encre (Jean-Marie Ozanne), Éditions Ici-Bas (l’équipe), Éditions In8 (Josée Guellil, Sylvie Lemaire, Olivier Bois), Éditions Interlude (Michaël Cormery), Éditions Isabelle Sauvage (Isabelle Sauvage et Alain Rebours), Éditions iXe (Oristelle Bonis, Chloé Iacono), Éditions Jerôme Millon (Jérôme Millon et Marie-Claude Carrara), Éditions La Bibliothèque (Jacques Damade), Éditions La Muse (Delphine Goumaz), Éditions Laborynthus (Gianpaolo Furgiuele, Giovanna-Paola Vergari), Éditions Lamaindonne (David Fourré), Éditions Le Soupirail (Emmanuelle Moysan), Éditions le Ver à soie (Virginie Symaniec), Éditions Les Impressions nouvelles (Belgique) (Tanguy Habrand et Benoît Peeters), Éditions Lurlure (Emmanuel Caroux), Éditions Martin de Halleux (Martin de Halleux), Éditions Matière (Laurent Bruel), Éditions Menu Fretin (Laurent Seminel), Éditions Mosaïque-Santé (Carine Lorenzoni), Éditions Nous (Patrizia Atzei et Benoît Casas), Éditions OnLit (Belgique) (Pierre de Mûelenaere), Éditions Pera (Claire Turan), Éditions Pneumatiques (Dominique Huet), Éditions Symétrie (Jean-Christophe Michel), Éditions Tahin Party (Sarah Gastel, Noé Gasparini, Paco Vallat), Éditions Trois Petits Points (Marion Bossuat), Éditions Vous êtes ici (Amandine Hubert et Amélie Picavet), EIRA (Éditeurs Indépendants en Rhône-Alpes et Auvergne), Encre bleue éditeur (Corinne Mongereau), Éoliennes éditions et productions (Xavier Dandoy de Casabianca), Fabrique de Jardins (Cécile Christophe et Sylvie Ligny), Fatrasies Éditions (Yves Sok), Gephyre (Sandrine Scardigli), GM éditions (Guy Messina), Goater (Jean-Marie Goater), Gorge Bleue (Marie Marchall), Gruppen (Laurent Jarfer), Gulf Stream (Stephanie Baronchelli), H’artpon (Caroline Perreau), Heros-Limite (Suisse) (Alain Bercet), Hobo Diffusion (David Doillon), Homo-Habilis (Stéphane Lagorce), HongFei Cultures (Loïc Jacob et Chun-Liang Yeh), Hors d’atteinte (Marie Hermann et Ingrid Balazard), Insula (Claire Latxague), Inukshuk (Philippe Zytka), Invenit (Dominique Tourte), Jentayu (Jérôme Bouchaud), Joca Seria (Bernard Martin), Julie Flamingo (Frédéric), La Baconnière (Suisse) (Laurence Gudin), La Barque (Olivier Gallon), La Cabane Bleue (Sarah Hamon et Angéla Léry), La Chambre d'Echos (Florence Pétry, Jean-Michel Humeau), La Cocotte (Odile Bazin), La Contre Allée (Marielle Leroy et Anna Rizzello), La Dernière Goutte (Christophe Sedierta), La Dispute (Alexis Cukier et Chantal Gazzola), La Magicieuse (Neil Jobard), La Mer Salée (Sandrine et Yannick Roudaut), La Part commune (Mireille Lacour), Lansdalls éditions (Max Lansdalls), Lanskine (Catherine Tourné), L'Apocalypse (Jean-Christophe Menu), L'Arbre vengeur (David Vincent et Nicolas Etienne), L'Arche (Claire Stavaux), L'Articho (Yassine de Vos et Chamo), L'Asiathèque (Philippe Thiollier), L'Atelier Contemporain (François-Marie Deyrolle), L'Atinoir (Jacques Aubergy), La Boucherie littéraire (Antoine Gallardo), La Ville brûle (Raphaël Tomas, Marianne Zuzula), Laurence Viallet (Laurence Viallet), Le Bas du Pavé (Fred Morisse), Le Bord de l'Eau (Sylvie Malsan et Jean-Luc Veyssy), Le Cadran Ligné (Laurent Albarracin), Le Castor Astral (Marc Torralba et Jean-Yves Reuzeau), Le Chant des voyelles (Elisabeth Motsch), Le Chemin de fer (François Grosso et Renaud Buénerd), Le Lumignon (Anaïs Goldemberg), Le Miel des anges (Michel Volkovitch), Le Nouvel Attila (Benoît Virot), Le Passage (Marike Gauthier), Le Passager Clandestin (Josépha Mariotti et Pauline Fousse), Le Rosier Grimpant (Nicolas Gaislin et Sarah Didier-Charlet), Le Téètras magic (Sébastien Naert), Le Temps des cerises (Francis Combes, président de l'Autre livre), Le Temps qu'il fait (Georges Monti), Les éditions Bleu et Jaune (Tatiana Sirotchouk), Les Éditions du Typhon (Yves et Florian Torrès), Les éditions sociales (Clara Laspalas et Marina Simonin), Les Fondeurs de Brique (Virginie Girard & J.-F Bourdic), Les Inaperçus (Ester Modié), Les Lumières de Lille (Frédéric Lépinay), Les Monédières (Ester Merino), Les Mots qui trottent (Sylvain Facon), Les Moutons électriques (André-François Ruaud), Les Petites Allées (Nathalie 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Soutiens et professionnel·les du livre

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Si vous n’avez pas eu le temps de signer et que vous souhaitez vous joindre à ces réflexions et actions, vous pouvez vous adresser à : krisis.crise@gmail.com


photo : qimono pour Pixabay

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